Dix ans après la dernière grande étude sur les activités nordiques en France menée par le CNDN, Nordic France lance cet hiver une étude orientée sur le modèle socio-économique, les offres et le marketing. Le gros travail mené à la fin des années 2000, malgré sa qualité, n’a peut-être pas été suivi suffisamment des faits au niveau local. Nous croyons que l’un des blocages réside dans la mise en place d’un modèle écono-mique adéquat, mais également par l’appropriation par les acteurs locaux d’une démarche nationale qui doit être inclusive et à laquelle ils participent activement, ce qui n’était pas le cas dans les années 2000 avec une logique trop «descendante».

D’autres études ont été menées sur certains massifs ces dernières années mais principalement axées sur une meilleure connaissance de la clientèle ou, plus ré-cemment, un travail mené par Savoie Mont Blanc Tourisme sur le sémantique. Ces élements devront être pris en compte lors du travail à venir.
Nous restons persuadés que la baisse drastique du nombre de sites nordiques
(415 en 1985, 180 aujourd’hui – données à modérer en raison des fusions de sites existants) est évidemment la conséquence du réchauffement climatique mais également de l’incapacité à proposer un modèle économique viable pour les sta-tions, notamment les non mixtes (alpin/nordique), qui ont abandonné en raison de charges croissantes.
Par ailleurs, y compris les grandes stations, peinent à générer des bénéfices sur
le Nordique car le modèle français est particulièrement éclaté, en comparaison avec des modèles étrangers plus intégrés. En France, les recettes de location, d’encadrement, d’hébergement, de restauration, de services, d’accès aux pistes, sont toutes perçues par des acteurs différents, laissant en général la charge de l’aménagement, de l’entretien, du balisage, du damage, de l’accueil, de l’achat de machines… à un gestionnaire qui perçoit la seule redevance en face de charges qui ont nettement augmenté ces dernières années.
Alors que la diversification de l’offre est plutôt une réussite, alors que le Nordique est aujourd’hui clairement au coeur de nombreuses tendances de la société (dé-connexion, retour à la nature, vitalité soft…), alors que les efforts sur l’image, plus fun, plus accessible, plus ludique, commence à porter ses fruits, cette étude pour-rait pérenniser une filière qui reste fragile, au-delà du seul aléa climatique.